Cagliari - Porto Torres : en terre sarde

Après Naples, malgré une nuit de bateau (on commence à être habitués), on reste en terre italienne en posant le pied (et les roues)  à Cagliari.

 

Les huit jours pour rejoindre le port de Porto Torres au nord de la Sardaigne ne seront pas de trop pour honorer notre rendez vous à Barcelone avec la famille Dalibot le 9 février, le lendemain de l'anniversaire d'Elena.

 

Peu peuplée et préservée du tourisme, cette île méditerranéenne est un dernier bain de nature sauvage avant la remontée par l'Espagne et la France.

Cagliari est une jolie ville, entre la plage et la colline sur laquelle s'étend le quartier médiéval. Elle attire en particulier une foule de touristes, mais aussi de Sardes, pour la grande fête en l'honneur de Saint Efisio, durant laquelle le saint est promené sur un char tiré par des bœufs dans toute la ville.

"L'intervention du saint [Efisio] durant le siège français en 1793" : si les saints s'y mettent, c'est pas du jeu !

 

Pour notre arrivée en Sardaigne, on est accueillis à Quartu Sant Elena par un couple dont le fils voyage aussi souvent à vélo. Une piste longe la côte à l'Est de Cagliari sur une quinzaine de kilomètres, au bord de la plage, où se pressent les joggeurs, promeneurs et cyclistes. On passe une très belle soirée avec Laura et Antonello et avec les amis qu'ils ont invités à dîner. Ils nous font découvrir la culture et la langue sardes, bien vivantes, et quelques spécialités, comme le "pane carasau" (pain croustillant), le "vov" (une liqueur d’œuf délicieuse), et le meilleur tiramisu qu'on ait jamais mangé (fait par Francesca).

 

Le nez dans les cartes étalées au sol, on compose ensemble notre itinéraire des prochains jours, avec un brin de difficultés, car il y a tellement à voir sur cette grande île !

Nora, un site archéologique au sud de la Sardaigne, au bout d'un isthme.

 

Dès la sortie de Cagliari, la route passe au milieu de la lagune, puis on longe la côte, d'abord plutôt plate, puis plus vallonnée. On se dirige vers la pointe sud de l'île, avant d'attaquer la remontée jusqu'à Porto Torres.

 

Bien qu'il y ait moins de reliefs qu'à l'Est, la côte ouest demeure malgré tout sportive, et la météo n'est pas toujours avec nous. Heureusement, la beauté des paysages, le réseau de routes cyclables et l'absence de touristes sont les antidotes idéales à la fatigue.

 

Petite pause bienvenue dans la montée, vers Arbus

La Sicile a beau être un territoire encore très sauvage, on a l'impression que des clôtures et barbelés bordent chaque route du pays. Pour que les chèvres (qui en oublieraient presque de manger quand elles nous regardent passer) ne s'enfuient pas ? Ou pour que les cyclo-voyageurs n'y bivouaquent pas ? Un paradoxe parfois difficile à gérer le soir pour trouver un endroit où planter la tente...

Tout comme le drapeau sarde (une croix rouge et quatre têtes de Maures portant des bandanas), la ville catalane d'Alghero a survécu à la disparition du royaume aragonais il y a trois siècles. 

 

La vieille ville, tout en couleurs pastel, est aussi chaleureuse que la voix du vieux monsieur catalan qui nous a accueillis à ses portes ou que celui qui, à la sortie de la ville, nous a déclamé dans un français parfait un poème de Lamartine qu'il avait appris à l'école primaire.

Le drapeau rouge et jaune de la Catalogne flotte à l'entrée de la ville comme un petit clin d’œil à notre prochaine destination après la Sardaigne. Alghero est la seule ville sarde dont le dialecte local est le catalan - les Catalans d'Espagne en sont fiers - et l'identité catalane s'affiche partout avec notamment les rue de Barcelone ou  de Perpignan.

 

Le 100e Giro d'Italie passera par Alghero, le compte à rebours est lancé... Dire qu'il y a presque un an, on passait dans les villages du Nord d'Italie couverts de rubans roses en l'honneur du Giro (car en Italie, le maillot rose est l'équivalent du maillot jaune en France).

 

Quelques kilomètres après Alguero, la nuit nous surprend, un peu tout comme les quelques personnes à qui l'on demande un petit bout de jardin pour planter notre tente et qui refusent gentiment... jusqu'à la dernière maison de la rue, où des vélos aperçus dans le jardins nous laissent nourrir un dernier espoir avant de se résoudre à planter la tente dans un champ.

 

Accueillis avec un grand sourire, on peut même s'installer sur la terrasse abritée, car les premières gouttes se font sentir. On partage du vin maison, produit par le père de famille, et les gâteaux traditionnels qu'a cuisinés la mère, tandis que leur plus jeune fils pratique avec nous son français et qu'on fraternise tous ensemble. Celui-ci aimerait bien partir à l'étranger lui aussi, pourquoi pas un an. Où ça ? En Corée ! La réponse nous surprend un peu... jusqu'à ce qu'on apprenne qu'il est champion de taekwondo, un art martial venu... de Corée. Une superbe rencontre improvisée comme on les aime.

 

 

 

Le lendemain matin, on file sous les averses rejoindre Porto Torres. Traversée de la Sardaigne : check ! Et on est dans les temps pour le bateau qui part demain pour Barcelone (il n'y en a que deux par semaine) et nous rapprochera un peu plus du retour en France...

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Pat (mercredi, 22 mars 2017 11:59)

    J'espère que vous nous reviendrez avec la recette du tiramisu !