Vienne - Bratislava - Budapest : le long du fleuve bleu

A partir de Vienne, nous retrouvons la fameuse Eurovélo 6, qui relie l'Atlantique à la mer Noire, en suivant notamment le Danube une longue partie.

 

On quitte l'Europe de l'Ouest, qu'on ne devrait pas retrouver de si tôt, pour l'Europe centrale !

 

La piste est certes bien goudronnée, mais les longues lignes droites nous ennuient un peu... Heureusement, la route nous réserve parfois quelques surprises, comme ce pont inondé (ci-dessous), qui nous fait faire quelques détours par les villages environnants. 

 

La pluie de ces dernières semaines a laissé place à un soleil de plomb, dès notre sortie de Vienne.

 

A Bratislava, nous nous apercevons (avec effroi !) que notre quête quotidienne d'eau sera plus compliquée en Slovaquie : la seule source d'eau potable que nous trouvons est dans les toilettes d'un centre commercial... Le voyage à vélo rend très sensible à l'importance de l'eau comme bien commun, et c'est bien le comble de ne pouvoir en trouver que dans des espaces privés !

Les petits lacs au bord de la route, quand ce ne sont pas des mirages à l'horizon, sont des petits coins de paradis...

 

 

L'Eurovélo 6 en Slovaquie ressemble un peu au Highway 66 des vélos : long et infini. On apprendra par la suite que la partie hongroise, de l'autre côté du Danube, est plus conseillée en général. 

 

Certains tronçons, non goudronnés et recouvert de gravier, nous rendent fous, car les vélos s'y enfoncent comme dans du sable ; on est alors contents de trouver sur le bas-côté de petites pistes caillouteuses, mais on maudit aussi un peu les concepteurs de ces pistes (pourtant réservées aux cyclistes et interdites aux autres véhicules), qui ne doivent pas souvent monter sur une selle.

 

Ci-dessous, le record de température enregistré par mon compteur : 46,6 degrés ! On se lève du coup presque à l'aube pour rouler le plus possible quand il fait moins de 40 degrés au soleil, et s'arrêter de longues heures l'après-midi, dans des cafés climatisés... à la vapeur d'eau !

 

 

 Après avoir apprécié la sortie bien aménagée de Bratislava puis souffert sur une piste cyclable souvent impraticable aux vélos, nous tombons sur une petite oasis au milieu de ces routes désertiques et étouffantes : un espace repos avec douches et toilettes  réservé aux cyclo-voyageurs. 

 

On s'appropriera les lieux le temps d'une bonne douche, d'une vaisselle et d'une lessive pour repartir revigorés vers l'Est.

 

Le soir tombant, nous nous arrêtons dans un village pour faire notre habituel plein d'eau. Jana ouvre sa fenêtre avec un grand sourire. Elle n'a pas beaucoup d'occasions de parler anglais, mais est très curieuse de notre voyage et nous pose beaucoup de questions. De fil en aiguille, elle nous invite à entrer chez elle, puis à planter notre tente dans son jardin. Une très belle rencontre inattendue, et une petite transition pour la suite, puisque Jana est Slovaque magyarophone et son mari Balint est quant à lui Hongrois. On aura d'ailleurs entendu le long de cette frontière slovaco-hongroise presque autant de hongrois que de slovaque.

 

On rejoint finalement Budapest après une étape interminable d'environ 130 km, et nous passons la frontière, sur les conseils d'une agence de voyage slovaque peu informée, par un parcours qui passe dans des coins reculés de la Slovaquie. Pas de panneau indiquant la frontière, mais  les plaques d'immatriculation nous annoncent qu'on a bien changé de pays.

Le Parlement hongrois, le long du beau fleuve bleu

La Hongrie joue contre la Belgique le huitième de finale de l'Euro de football et Budapest  s'enflamme  pour son équipe nationale.

 

Ce soir là, les deux rives du Danube portent mal leur nom car à Bouddha, les gens bouillonnent d'excitation et les rues résonnent aux chants des supporters voire au bruit des pétards et des fumigènes. Tandis qu'à Peste, les gens de tous horizons et générations, maquillés et drappés de vert, blanc, rouge se rassemblent sur les places dans l'espoir du but de la qualification.

 

Le peu de Belges présents auront la frite tandis que la soirée des Hongrois fera malheureusement un gros pschitt ...

"Hija hija Hungaria"

 

Nous sommes accueillis par Louise à Budapest, et nous participons pour un après-midi à la passionnante université d'été qu'elle organise avec le Tom Lantos Institute sur les préjugés, le génocide et la mémoire (notamment, et en particulier, des Roms), en faisant la visite du quartier juif avec le groupe. 

 

La chaleur ne faiblit pas, mais on reprend quand même la route après une bonne pause pour nous et nos vélos, qui reprennent eux aussi des forces : on a dépassé les 4000 km, il est temps de leur offrir une nouvelle chaîne !

 

Ci-dessus, après Gaetan, samouraï du desert, Elena se transforme en œuf de pâques pour ne pas fondre au soleil...

A Rackeve, une charmante petite ville le long du Danube, nous rencontrons Marie-Christine et Etienne, une femme et son fils, du Québec, qui voyagent en tandem... et qu'on aurait en fait pu croiser régulièrement depuis le départ, car ils sont partis eux aussi de Paris, et le même jour que nous ! Incroyable ! Vous pouvez lire les beaux textes de Marie-Christine, qui est conteuse, sur leur blog (et notamment cette belle ode au voyage à vélo).

Déjà que l'on ne comprend pas grand chose au hongrois, une nouvelle langue, comme sortie d'un livre de Tolkien, apparaîtra sur certains panneaux.

 

Cela symbolise un peu les difficultés que l'on a eu pour communiquer dans ce pays. Heureusement, les gens ne manquent pas de ressources pour nous expliquer la route, et nous font des petits plans dessinés quand le langage ne suffit plus... Car contrairement à ce que l'on a pu lire, la Hongrie n'est pas non plus toujours le pays du vélo, et il faut parfois éviter par de petites routes les grandes voies, comme la 44, qui traverse le pays d'Est en Ouest.

On profite bien sûr des nombreux bains chauds hongrois, dont certains atteignent des températures de plus de 70 degrés ! Ceux dans lesquels nous nous baignons par contre, à Tiszakecske et à Gyula, pour ne pas cuire sur place, ne dépassent pas les 38-40 degrés. 

 

Dernière soirée hongroise, pour la dernière soirée de Gaetan avant de passer de l'autre côté de la trentaine... 

Et le voyage continue, tournés - nous aussi - vers le soleil roumain à l'Est...

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Commentaires : 4
  • #1

    catherine Dusart (mercredi, 13 juillet 2016 18:23)

    Magnifique votre petit récit hongrois!
    on vous suit bien comme ça,
    en prenant la température si on peut dire, du périple...
    à très bientôt ....
    bisous

  • #2

    Romain LB (jeudi, 14 juillet 2016 19:54)

    Hello les copains!
    C'est hot en titi! Vraiment malade les pays que vous traversez, j'ai bien hâte que vous arriviez en Europe Centrale, les saveurs orientales vous commencer à vous chatouillez les narines et les papilles ! Et Gaetan sait ô combien j'aime l'exotisme oriental ! Bonne route !

  • #3

    Cosquéric Anne-Sophie (jeudi, 14 juillet 2016 23:11)

    Bon anniversaire à Gaétan alors

  • #4

    Micheline Claret (lundi, 22 août 2016 23:43)

    Raté ta date d'anniversaire Gaetan, mais de tout coeur un gros bisous tardif en te souhaitant, en vous souhaitant une bonne route, de belles rencontres et de continuer à garder les yeux grands ouverts sur la beauté du monde. Micheline